lundi 12 juin 2017

Au commencement

Dans le Chan on pointe vers ce qui précède les pensées, qui n'est pas un objet, no-thing en anglais, vacuité. C'est ce que le maître Zen Coréen Seung Sahn Soen Sa appelait primary point
Mais ce n'est rien, no-thing, ce n 'est pas non plus un néant stérile, et construire un nihilisme là dessus serait la pire des choses à faire. Nombreux, pourtant, sont ceux qui tombent dans le piège, les milieux "bouddhistes" en regorgent ...

Ce primary point doit être reconnu par l'expérience.

Dans le récit biblique du premier livre de la Génèse, le premier mot est Béréchit, "Au commencement", c'est là que le monde est créé. mais avant le monde il y Aïn, le néant. Et Aïn Sof, l'infini. Et apparaissent les mots. Pour former Béréchit, il faut la lettre B, le Beth . Lui même est composé de deux Aleph, la première lettre le A. Mais pour former le A, la lettre vraiment racine, c'est le Yod, le fameux iota du grec, qu'il nous faut comme dans la parole de Jésus dans l'Evangile : 


"Pas un seul iota, pas un seul trait de lettre de la loi ne passera" ( Matthieu 5; 18 )

Le Yod jaillit de l'Aïn Sof, la vacuité féconde, potentialité infinie, et les lettres déroulent un commencement, la genèse d'un monde, des univers.


C'est ainsi que la Kabbale, pratique mystique de la Bible, lit le mythe fondateur.

C'est ce primary point que désigne le Chan. Par l'expérience, et non la spéculation.


Michel Ange, la création d'Adam, 1508-1512

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire