"Le seul moyen de changer sa vie, ce n'est pas d'appeler l'évènement extraordinaire qui modifierait l'existence, c'est que notre existence ordinaire par la conscience intériorisée, cesse d'être vécue ordinairement" ( Louis Pauwels )
mercredi 28 juin 2017
Sincérité ( II )
Il y a une légende urbaine, propagée par le Da Vinci Code, qui voudrait que le mot sincérité vienne du latin sine cera, "sans cire" littéralement. C'est une étymologie contestée.
Pourtant le célèbre Littré y fait référence :
"Lat. sincerus, de sine, sans, et cera, cire, d'après les étymologistes latins", avant d'exprimer son scepticisme cependant.
Pour nos besoins c'est pourtant cette étymologie que nous retiendrons. Elle fait référence aux sculpteurs et marbriers de l'antiquité romaine qui masquaient les fissures ou les imperfections d'une pièce de marbre en la recouvrant d'une couche de cire avant de la vendre. Quoi de plus tentant que de faire le rapprochement avec les filtres numériques. Naguère réservés aux professionnels de la photo et aux couvertures papier glacé des magazines féminin, à la portée de tous et comme inéluctables sous forme de filtres instagram en mode selfie. Autant de filtres qui s'intercalent entre le monde et ses représentations, entre les autres et soi, entre soi et soi.
Alors que personne n'est dupe, cela me rappelle l'autoportrait d'Emmanuel Macron fraichement élu, publié sur son compte instagram. On y voit le visage du Président au premier plan, déformé par la proximité de l'objectif, et des dizaines de personnes issues du staff de campagne au second plan. Commentaire d'un jeune internaute : "t'es pas beau comme ça, mets un filtre !".
Quand la sincérité te joue des tours ...
mercredi 21 juin 2017
Zazen et respiration
Une discussion avec une connaissance qui pratique le zazen, discussion au cours de laquelle la personne m'annonçait avoir enfin compris le secret de la technique respiratoire associée, m'amène à préciser certains aspects.
La personne en question, donc, est convaincue que l'effort qui doit porter sur l'expiration, doit amener son ventre à se gonfler. Au contraire, selon elle, c'est à l'inspiration que le ventre se contracte. Cette respiration, qui lui demande un effort qui la fatigue, de son propre aveu, lui semble être le secret à côté duquel elle est croit être passée des années durant.
Il faut dire qu'il est bien difficile de savoir ce que pratiquent un adepte de la méditation, à moins qu'il ne pose des questions précises à l'instructeur, ou qu'il ne témoigne spontanément de sa pratique.
Ici la personne reconnaît elle-même que c'est un effort qui la fatigue. Et pour cause ... Cette manière de respirer est totalement non physiologique. En un mot elle serait pathologique si elle était involontaire.
Il y a en pratique, dans le genre des humains que nous sommes, deux modes respiratoires :
-La respiration diaphragmatique : faite avec le haut du thorax. C'est une respiration de survie. Très répandue. En fait le psychanalyste Wilhelm Reich a découvert qu'elle est liée à ce qu'il appelait la cuirasse musculaire (ou armure caractérielle ce sont deux appellations pour une même réalité ).
-La respiration abdominale : c'est la respiration physiologique, naturelle, lorsqu'elle n'est pas entravée, contrariée, par la cuirasse musculaire justement. Comment se présente-t-elle ? Facile, il suffit d'observer un nouveau-né ou un jeune enfant. Son abdomen est relâché, sans tension. Le ventre se gonfle à l'inspiration, l'expiration est profonde et le ventre se contracte. A la fin de l'expiration le ventre se relâche. C'est la conséquence du mouvement du diaphragme, qui joue pleinement son rôle de piston.
Rien de tel qu'une animation pour mieux le visualiser :
En posture de méditation, en général, le débutant peut sentir des résistances à l'établissement de cette respiration abdominale. Alors que le diaphragme fait la séparation entre le thorax et l'abdomen, il se peut que l'expiration soit coupée par une sorte de hoquet ou de spasme, avant qu'elle se poursuive. Ce blocage se produit au niveau du plexus solaire. C'est un nœud de tensions physiques et émotionnelles important.
Dans la cuirasse de Reich, ce fameux plexus solaire est un des 7 anneaux de restriction. Ces anneaux sont les noeuds possibles, les blocages qui empêchent la libre circulation de l'onde énergétique qui parcourt le corps humain et que Reich met en évidence par le processus respiratoire. Cette onde, il l'appelle le réflexe orgastique.
Écoutons-le :
(La fonction de l'orgasme, Dr W REICH, 1942 )
La névrose, pour Reich, est névrose de caractère, et il la lit non au niveau du langage comme tout psychanalyste freudien, mais au niveau du corps, de la cuirasse musculaire, justifiant ici l'emploi de la désignation "armure caractérielle".
Il est à noter aussi, ce qui est rarement entrevu semble-t-il, qu'il y a une correspondance réciproque entre le système énergétique de Reich et la physiologie subtile des yogas, entre les 7 anneaux et les 7 chakras ( qui, comme l'affirment les systèmes de yoga, doivent être ouverts pour permettre la libre circulation de l'énergie dans les canaux ).
Pour que cette respiration puisse s'établir en posture, il faut qu'un certain nombre de nœuds se dénouent. Le corps apparaît ainsi comme articulé. Les mâchoires sont souples, et non pas serrées.
L'usage de la respiration abdominale dans le Zen, et le travail sur le hara, sont loin d'être une règle systématique. La plupart des écoles ne le développe pas semble-t-il. Dans le Zen Coréen tel que j'ai pu le pratiquer par exemple il n'en était pas fait mention.
A noter ( avec ironie ) cette réflexion de Reich :
"Donc, l’inhibition névrotique de la respiration est une partie centrale du mécanisme névrotique en général, et cela de deux manières. Elle bloque l’activité végétative normale de l’organisme, et crée ainsi la source d’énergie pour toutes sortes de symptômes et de fantaisies névrotiques. Parler est un des moyens utilisés le plus fréquemment en vue de supprimer les excitations végétatives. Ceci rend compte du bavardage « compulsif » de la « logorrhée névrotique ». En pareil cas, je fais cesser le bavardage du patient jusqu’à ce qu’il manifeste des signes d’inquiétude."
En zazen pas de problème, c'est la voie du silence ...
samedi 17 juin 2017
Zazen
Rien de spécial dit-on souvent.
Epiphanie
1 Rois 19:11-14 ( trad . Louis Segond )
11 YHVH dit: Sors, et tiens-toi dans la montagne devant YHVH! Et voici, YHVH passa. Et devant YHVH, il y eut un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers: YHVH n'était pas dans le vent. Et après le vent, ce fut un tremblement de terre: YHVH n'était pas dans le tremblement de terre.
12 Et après le tremblement de terre, un feu: YHVH n'était pas dans le feu. Et après le feu, un murmure doux et léger.
13 Quand Élie l'entendit, il s'enveloppa le visage de son manteau, il sortit et se tint à l'entrée de la caverne.
Epiphanie
1 Rois 19:11-14 ( trad . Louis Segond )
11 YHVH dit: Sors, et tiens-toi dans la montagne devant YHVH! Et voici, YHVH passa. Et devant YHVH, il y eut un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers: YHVH n'était pas dans le vent. Et après le vent, ce fut un tremblement de terre: YHVH n'était pas dans le tremblement de terre.
12 Et après le tremblement de terre, un feu: YHVH n'était pas dans le feu. Et après le feu, un murmure doux et léger.
13 Quand Élie l'entendit, il s'enveloppa le visage de son manteau, il sortit et se tint à l'entrée de la caverne.
lundi 12 juin 2017
Au commencement
Dans le Chan on pointe vers ce qui précède les pensées, qui n'est pas un objet, no-thing en anglais, vacuité. C'est ce que le maître Zen Coréen Seung Sahn Soen Sa appelait primary point.
Mais ce n'est rien, no-thing, ce n 'est pas non plus un néant stérile, et construire un nihilisme là dessus serait la pire des choses à faire. Nombreux, pourtant, sont ceux qui tombent dans le piège, les milieux "bouddhistes" en regorgent ...
Ce primary point doit être reconnu par l'expérience.
Dans le récit biblique du premier livre de la Génèse, le premier mot est Béréchit, "Au commencement", c'est là que le monde est créé. mais avant le monde il y Aïn, le néant. Et Aïn Sof, l'infini. Et apparaissent les mots. Pour former Béréchit, il faut la lettre B, le Beth . Lui même est composé de deux Aleph, la première lettre le A. Mais pour former le A, la lettre vraiment racine, c'est le Yod, le fameux iota du grec, qu'il nous faut comme dans la parole de Jésus dans l'Evangile :
"Pas un seul iota, pas un seul trait de lettre de la loi ne passera" ( Matthieu 5; 18 )
Le Yod jaillit de l'Aïn Sof, la vacuité féconde, potentialité infinie, et les lettres déroulent un commencement, la genèse d'un monde, des univers.
C'est ainsi que la Kabbale, pratique mystique de la Bible, lit le mythe fondateur.
C'est ce primary point que désigne le Chan. Par l'expérience, et non la spéculation.
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| Michel Ange, la création d'Adam, 1508-1512 |
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